Télésurveillance : dispositifs connectés, remboursement et alertes en pratique
Depuis la généralisation du remboursement en 2023, la télésurveillance suit un circuit précis : dispositif inscrit sur la LATM, forfait opérateur, forfait technique, et une nouvelle obligation de certification pour les exploitants dès septembre 2026.

Un patient équipé d'un dispositif connecté (tensiomètre, capteur cardiaque, glucomètre) transmet ses données à distance, et vous devez déclencher une alerte si un seuil est dépassé. C'est la télésurveillance — un circuit de remboursement bien différent de la téléconsultation, avec ses propres acteurs, ses propres forfaits, et une échéance de certification imminente pour les exploitants techniques.
Trois acteurs, trois rôles distincts
Le circuit de télésurveillance repose sur une répartition claire des responsabilités :
- L'opérateur de télésurveillance : le professionnel de santé ou l'équipe qui assure la surveillance médicale à distance sur la base des données transmises par le patient. Il doit avoir préalablement déclaré son activité à l'Agence Régionale de Santé.
- L'exploitant : celui qui met à disposition le dispositif médical numérique (DMN), directement ou via une convention avec un distributeur.
- Le distributeur : l'intermédiaire qui fournit concrètement le dispositif au patient, lorsque ce rôle n'est pas porté directement par l'exploitant.
Un même acteur peut cumuler plusieurs de ces rôles, mais chacun doit être clairement identifié dans le circuit de facturation.
Le prérequis : l'inscription sur la LATM
Pour être remboursé par l'Assurance Maladie, le dispositif utilisé doit être inscrit sur la Liste des Activités de Télésurveillance Médicale (LATM), après évaluation par la Haute Autorité de Santé. Ce processus d'évaluation est réputé long — comptez plusieurs mois — ce qui en fait un facteur à anticiper largement en amont d'un déploiement, pas une simple formalité de dernière minute.
La rémunération : deux forfaits distincts
| Forfait | Bénéficiaire | Montant | Périodicité |
|---|---|---|---|
| Forfait opérateur, niveau 1 | Professionnel de santé opérateur | 11 € | Mensuel |
| Forfait opérateur, niveau 2 | Professionnel de santé opérateur | 28 € | Mensuel |
| Forfait technique | Exploitant du dispositif | Variable selon l'activité inscrite | Mensuel (semestriel pour les porteurs de défibrillateurs et stimulateurs cardiaques) |
Un principe encadre strictement cette double facturation : pour un même patient, une même indication et une même période, un forfait technique ne peut être facturé sans qu'un forfait opérateur le soit également, et réciproquement. Les deux forfaits sont donc indissociables l'un de l'autre.
Le contrôle de l'observance, condition de la facturation
La prise en charge du dispositif s'arrête si le patient n'est pas observant ou refuse la transmission des informations nécessaires au contrôle de son utilisation effective. Concrètement, la facturation du forfait technique est conditionnée à un usage réel du dispositif par le patient — un point de vigilance à intégrer dans votre logiciel de suivi, pas seulement dans le contrat patient.
L'échéance de septembre 2026 pour les exploitants
Un changement technique majeur arrive : à partir de septembre 2026, tout exploitant doit utiliser une solution de facturation spécifiquement agréée pour le profil « DMN-DTX / Opérateur », basée sur la version à jour du cahier des charges SESAM-Vitale. L'Assurance Maladie surveille la conformité des flux via son Observatoire National des Flux (ONAF) : une facture émise par une solution dont le numéro d'agrément n'est pas reconnu fait l'objet d'un rejet technique automatique. Si vous jouez le rôle d'exploitant dans votre écosystème, vérifier ce statut d'agrément dès maintenant évite une interruption de facturation à l'échéance.
Ce que le patient paie réellement
Le forfait technique est facturé selon la situation du patient : ticket modérateur à 60 % pour un patient relevant du droit commun, prise en charge à 100 % pour les patients bénéficiant d'une exonération (affection de longue durée notamment), et des taux particuliers pour certains régimes spéciaux.
Ce que doit couvrir une plateforme de télésurveillance bien conçue
Au-delà de la simple remontée de données, une plateforme conforme doit intégrer :
- l'identification fiable du patient via l'Identité Nationale de Santé, obligatoire pour la facturation ;
- des seuils d'alerte configurables par pathologie, avec un protocole de réponse tracé (qui a été alerté, quand, quelle action a été prise) ;
- un suivi de l'observance du patient, condition de la facturation du forfait technique ;
- la génération de la feuille de soins électronique dans le bon format, avec le code prestation adapté à chaque rôle (opérateur ou exploitant) ;
- une transmission fluide, sans double saisie, entre le suivi clinique et la facturation.
C'est cette continuité entre suivi clinique, gestion des alertes et facturation que vise à couvrir le module de télésurveillance de MetaConnect Studio, pour éviter que vos équipes jonglent entre plusieurs outils déconnectés les uns des autres. Retrouvez le détail des exigences réglementaires associées sur notre page conformité.
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FAQ
Tout dispositif connecté médical ouvre-t-il droit au remboursement de la télésurveillance ?
Non, seuls les dispositifs médicaux numériques inscrits sur la Liste des Activités de Télésurveillance (LATM), après évaluation par la HAS, sont éligibles au remboursement par l'Assurance Maladie.
Qui touche le forfait opérateur, et qui touche le forfait technique ?
Le forfait opérateur rémunère le professionnel de santé qui assure la surveillance à distance. Le forfait technique rémunère l'exploitant qui met à disposition le dispositif numérique — ce sont deux acteurs et deux facturations distinctes.
Que se passe-t-il si le patient n'utilise pas régulièrement son dispositif ?
La prise en charge peut s'arrêter en cas de non-observance ou de refus de transmission des données nécessaires au contrôle de l'utilisation effective du dispositif.
Dois-je changer de logiciel de facturation avant septembre 2026 ?
Si vous jouez un rôle d'exploitant de dispositif médical numérique, oui : votre solution doit être spécifiquement agréée pour ce profil, faute de quoi vos factures seront rejetées automatiquement à partir de cette échéance.
Combien de temps faut-il pour faire inscrire un dispositif sur la LATM ?
Le processus d'évaluation par la HAS est réputé long, généralement plusieurs mois — à anticiper bien en amont plutôt qu'au moment du déploiement auprès des premiers patients.












